Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 23:47

 

 




1er juillet 2007

 

   Itinéraire prévu : du Mékong (Lancang Jiang 湄公), rejoindre
la Salouen (Nù Jiāng 怒江) et la remonter jusqu’au Tibet
(voir les cartes de la vallée du Mékong et de la Salouen).



Yangtsa
- Longdjre - Zhedong La - Bahang Lu

Bahang Lu - Tchrana (via Gongshan ou le col du Halo)

Tchrana - Tongdu La - Gebu - Gesa La - Shu La - Meilishui

 

Cet itinéraire suit les traces des premiers occidentaux ayant essayé d’entrer au Tibet par le Yunnan, j’ai difficilement trouvé des cartes de cette région, ce qui est bon signe : la région n’étant pas touristique et peu accessible, peu de personnes s’y rendent, les villages ne sont donc certainement pas touchés par le progrès. Ce sera la nature à l’état pur ! Autre intérêt à ce parcours : aller voir sur place les fruits de l’œuvre des missionnaires et martyres venus évangéliser les tibétains… Je viens de découvrir à travers plusieurs livres leur histoire passionnante et bouleversante, parallèlement avec l’histoire du peuple tibétain, qui me touche profondément.

Par Eve Marie
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 23:32

Mercredi 11

         1er jour de marche. Nous avons l’intention de rejoindre Bahang Lu par le Zhedong La, mais en arrivant à Londjre (très beau village, où est passée Alexandra David-Neel lorsqu’elle a voulu entrer au Tibet interdit ; les habitants sont tibétains, tournent leurs moulins à prière, inlassablement.) nous ne trouvons pas le sentier qui longe, selon Gilles, la rivière Lili. Après plusieurs tentatives infructueuses, nous décidons de rejoindre la Salouen par le col du Dokerla.





Parmi les indications sommaires des habitants de Longjre, nous slalomons entre cochons et poules pour enfin trouver le petit chemin qui doit nous mener jusqu’au Dokerla.


Entre 4 et 5 heures plus tard, après avoir longé une rivière aux eaux tumultueuses, traversant tantôt des sentiers forestiers, tantôt des ponts branlants, nous voici arrivées au premier alpage : nous apercevons une vache sur un pont qui mène à une bergerie, nous la suivons, demandons de l’eau chaude à l’homme qui garde son troupeau.

 

Il nous propose spontanément de rester manger et nous offre son toit pour la nuit. Nous n’en demandions pas tant ! Sa bergerie consiste en quatre murs de pierres, un toit en bois, un feu au milieu de la pièce (3 mètres sur 4) et quelques ustensiles. Sans rien nous dire, il nous laisse dans sa bergerie, nous faisons comme chez nous, séchons nos ponchos,… pendant qu’il va traire ses yacks. Une heure plus tard lorsqu’il revient, nous goûtons au thé au beurre de yack, à la baijiu et il nous offre même des baba avec des morceaux de fromage de yack. Notre ventre vide est rassasié après tous ces efforts de marche !




La discussion se poursuit autour du feu qui enfume toute la pièce sombre. Aji vit ici, seul dans cette bergerie, quatre mois par an, de juin à septembre. Il passe ses journées à traire ses yacks, faire du beurre avec le lait, et pas grand-chose de plus. Il est bouddhiste (lamajiao). Nous nous sentons très bien chez lui et décidons d’accepter de passer la nuit ici, ce que nous allons bientôt regretter car après avoir bu sa baijiu, il s’est mis à sniffer une pâte noirâtre qui l’a mis dans un état second… dommage car c’était tellement touchant et agréable de partager un repas avec lui dans sa bergerie. Déçues du personnage, avec qui nous avions commencé à passer une bonne soirée, nous remballons nos affaires… la nuit commence à tomber, mais nous surveillons son attitude et s’il tente quoi que ce soit, nous partons et irons planter la tente autre part. La nuit est mémorable car je ne parviens à m’endormir qu’à 6h du matin, à cause d’un mal de dos terrible qui me fait vomir tout ce que j’ai avalé.

 

         A 8h nous nous levons, et partons direction le col de Dokerla (4600 m). Arrivées au 3ème alpage, nous hésitons entre deux chemins, et prenons le mauvais ! Nous arrivons à un cirque, comme le cirque de Gavarny mais en plus grand. Nous rebroussons chemin en nous disant que nous avons tout de même vu quelque chose de beau… De retour au 3ème alpage, sous un crachin qui ne nous quitte pas, nous nous asseyons sur un rocher entre les drapeaux à prières qui volent au vent.

 
























Par Eve Marie
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 23:29

    Le col est juste devant nous, à 3h de marche sur une pente sévère. Il est déjà tard, et nos vivres diminuent… Que faisons-nous ?

1 : continuer coûte que coûte, malgré les nuages qui nous cachent le paysage, et malgré le peu de nourriture que nous avons (4 biscuits par jour avec un peu de lait concentré, pendant 3 jours…)

2 : rebrousser chemin, retourner à Yangtsa et faire le tour par la route, ce qui nous prendrait autant de temps dans les transports…

Choix difficile ! car j’ai horreur de rebrousser chemin, mais vu les nuages qui cachent toute la vue, nous optons pour rejoindre Yangtsa à pied (par un autre chemin), puis rejoindre la Salouen en redescendant à Dali par la route.

Ce que nous avions en fait commencé à marcher, c’était l’itinéraire que suivent les bouddhistes lorsqu’ils font le pèlerinage autour du Kawagebo (6700 m), cette montagne qui m’avait fascinée l’an dernier (voir la carte). Mais apparemment, l’été est la saison la moins bonne pour entreprendre ce pèlerinage, à cause de la pluie. Rien n’est donc indiqué, si ce n’est quelques mots en tibétain que nous ne comprenons pas, et rares sont les pèlerins que nous aurions pu rencontrer.

 


        Vers Yangtsa, par le chemin à flanc de montagne qui offre une vue aérienne de Longdjre, le panorama est saisissant ! Nous montons, toujours et toujours plus haut… Les drapeaux à prières tibétains nous confirment que nous sommes sur le bon chemin, et soudain, le Mékong apparaît à nos yeux ! A chaque nouveau versant, nous nous attendions à le voir apparaître… mais la montagne nous réserve souvent des surprises, nous ne savons jamais ce qui se cache derrière chaque versant. Quoi qu’il en soit, la vue est magnifique, nous apercevons aussi en contrebas la rivière Lili qui aurait pu nous mener à Bahang Lu, mais nous sommes bien mieux là-haut, sur ces hauteurs, qu’encastrées au fin fond de la vallée, et ne regrettons nullement notre choix.

 

Tout comme la montée, la descente vers le Mékong est raide. Il commence à faire noir, et comme nous apercevons quelques maisons, nous décidons de nous y arrêter. Nous reprendrons la route demain matin jusqu’à Yangtsa. Il faut dire que nous avons marché, aujourd’hui, pendant 13h avec seulement 3 pauses de 20 minutes, et après une courte nuit (2h pour moi et peu aussi pour Caro !). Nous allumons une lampe frontale, et arrivons au village, des gens sortent en nous voyant, ont l’air heureux de nous voir, et deux jeunes filles nous proposent d’entrer chez elles pour manger et passer la nuit. Très reconnaissantes de cette hospitalité, nous les suivons à l’intérieur, et là, dans une grande pièce sombre où une grand-mère coiffée du turban tibétain fuchsia fait tourner son moulin à prière, nos deux jeunes hôtes nous offrent… un bol de riz blanc et de l’omelette ! Notre premier repas de la journée… nous l’apprécions ! Après être rassasiées, nous discutons du pèlerinage autour de Kawagebo, étudions des cartes, parlons du chemin et du temps nécessaire pour rejoindre Yangtsa demain matin. Nous apprenons que nous nous sommes justement arrêtées à Yongjiu, le premier village où passent la plupart des pèlerins.

Bian Ma Qu Zong a déjà un petit garçon, elle paraît pourtant si jeune ! Elle nous mène ensuite à l’étage, ouvre une porte, et là : deux lits nous attendent ! Quel bonheur ! Nous avons aussi la chance de pouvoir nous laver, la douche est une cabane en bois remplie de plantes vertes et éclairées d’une guirlande de Noël… original ! Comme dans toutes les maisons tibétaines, il n’y a pas de toilettes, il faut aller dans le champ de maïs derrière la maison… après tout, ça fait de l’engrais…


      Les maisons tibétaines sont souvent très colorées et bâties autour d’une cour fermée, où se promènent poules, cochons, et parfois des chiens.


 

Après une petite prière avec Caro pour clôturer la journée, nous sombrons dans un sommeil profond et partons le lendemain matin, pour la dernière ligne droite vers Yangtsa, au bord du Mékong. Ci Li Zhuo Ma nous accompagne un peu pour nous montrer le chemin. Avant qu’on ne parte, Bian Ma Qu Zong m’a bien dit et redit que si un jour nous repassons dans le coin, elle nous attend. Et que si nous avons des amis qui veulent faire le tour du Kawakarpo, ils peuvent s’arrêter chez elles.

Par Eve Marie
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 23:26

Arrivées au pont de Yangtsa après 1h30 de descente raide, nous attendons le bus pour Weixi que nous arrêterons en route. Ainsi, à Weixi nous prendrons le bus pour Dali, et à Dali, le bus pour Gongshan, au bord de la Salouen. De Gongshan nous pourrons nous rendre à Bahang Lu. Toute cette route pour finalement arriver à Bahang Lu ! Ces 30 heures de transport nous font descendre le Mékong puis remonter la Salouen, ils passent finalement vite et ces deux fleuves nous impressionnent par la puissance de leur courant. Par endroits, on dirait une mer agitée par la tempête ! Des multitudes de rivières se jettent dans ces deux fleuves aux eaux marrons. Jamais je n’ai eu autant d’émerveillement pour un fleuve. Leurs eaux impétueuses se fracassent sur les rochers de façon spectaculaire. Ici et là, des ponts suspendus font le lien avec l’autre rive. Parfois, ce sont des cables que les gens utilisent comme des tyroliennes pour se rendre de l’autre côté.

 

 

 



           De Weixi à Dali, nous sommes allongées au fond d’un bus couchettes (54 couchettes !) à côté de chinois qui fument. Le trajet est mémorable, on essaye de se caler comme on peut malgré les secousses, tout en admirant la tombée de la nuit sur le fleuve.

Nous arrivons à Dali à 4 h du matin, nous rendormons et 3 h plus tard, nous réalisons qu’il est déjà 7 h et que tout le monde est sorti. Je me précipite vers les guichets de la gare en espérant qu’on puisse attraper un bus pour Gongshan aussi tôt que possible, pendant que Caro rassemble nos affaires.

Au guichet, je saisis difficilement ce que la dame essaye de me dire… notre voisin de bus est là et me dit qu’il a vu Caro monter dans le bus jaune. Se serait-elle trompée en croyant me suivre ? Nous voilà bien ! Après bien des discussions animées avec notre voisin et des recherches pour retrouver Caro, et des difficultés à comprendre ce qu’on me dit, je retrouve Caro, soulagée… Je comprends finalement qu’il faut rejoindre une autre gare pour prendre un bus pour Gongshan. J’ai souvent l’impression, en Chine, d’être dans un jeu de piste, dans un monde mystérieux où tout est codé : pour trouver le bon bus, ou n’importe quel autre renseignement, il faut essayer de déchiffrer un minimum de caractères chinois, je prends ça comme un jeu, mais ça devient parfois oppressant. Quoiqu’en règle générale, ça me plait. Pareil pour la langue, il faut essayer de rassembler les quelques détails que l’on saisit dans la conversation pour comprendre le sen de la phrase. Les chinois en général sont indulgents et patients.

Comme il n’y a plus de place dans le bus direction Gongshan qui part ce soir, nous tentons le bus pour Liuku. Nous avons bien fait car à Liuku (la dame anglaise qui connaît tout le monde : bizarre ; le bol de riz dans le bus), nous attrapons un bus pour Fugong (où nous sommes bien tentées de rester, semble très agréable, achat de fruits et un cookie et biscuits) et à Fugong nous négocions une fourgonnette pour Gongshan (chauffeur qui maîtrise, très rapide même dans les villages, le gars torse-nu à côté… enfin, des chinois qui parlent ! En règle générale, les chinois sont calmes et silencieux, dans le bus de nuit par exemple, pas un bruit, nous étions les seules à parler. Par contre quand ils parlent, ils parlent fort.).

 

A Gongshan, nous sommes heureuses d’être là, ce soir. Nous dormons au Shandan, l’hôtel recommandé par Gilles, agréable après une courte nuit dans le bus. Le lendemain nous allons à Bahang Lu où la chance nous sourit incroyablement…

 

 

Au moment où j’écris, je suis à Tsawalong (Tchrana), où nous faisons une halte car un orage nous empêche d’avancer. Au moins, ça me permet de mettre à jour ce carnet de bord, bien que ce soit loin d’être fini. Je reprendrai plus tard.

 

 

 

Mardi 31 juillet

 

         Le temps passe, je suis à Kunming, et il est grand temps que de relater les évènements de Bahang et notre passage au Tibet.

 

         Nous en étions donc à Gongshan. A l’hotel, difficile de prendre une décision : nous venons de passer une trentaine d’heures dans des bus, et pour aller à Bahang, il faut reprendre un bus pour Dimaluo pendant 4h, puis marcher pendant une ou deux heures. La seule raison qui me pousse à y aller est la présence d’une église et d’une communauté catholique dans ce village. Des tibétains catholiques ! C’est aussi l’envie d’aller voir l’œuvre des missionnaires qui ont vécu là et de marcher sur leurs traces. Depuis que j’ai lu le livre de Constantin (Les peuples oubliés du Tibet), j’ai ce désir profond de m’y rendre, coûte que coûte. Mais voilà : Caro ne connaissant pas l’histoire passionnante des missionnaires venus dans cette région isolée du Yunnan, elle ne voit pas bien l’intérêt de faire toute cette route juste pour voir une église. Je me dis qu’en effet, ce désir est peut-être simplement un caprice de ma part, et, après un grand effort intérieur, je lui propose de laisser tomber Bahang Lu et de continuer notre marche le long de la Salouen. Et là, contrairement à ce à quoi je m’attendais, elle me répond : « Non, je sais que tu as vraiment envie d’y aller, on y va ! » Je ne la remercierai jamais assez !

 

Par Eve Marie
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 23:20

     A Gongshan, difficile de trouver une fourgonnette qui accepte d’aller jusqu’à Dimaluo, car selon eux « lu bu hao ! » la route n’est pas bonne. On va vite comprendre !


 




                                                           



On traverse un pont suspendu, on longe un précipice sur une route plus que mauvaise. Arrivées sur la place du village de Dimaluo et après avoir relu quelques passages du livre de Constantin,
on marche pendant 2h vers le sommet d’une montagne où doit se trouver le village.

 


       




          Sur ce sentier, une rencontre fortuite : deux chinois qui parlent anglais sont là, une énorme caméra à la main, et nous regardent d’un air ébahi.

“Hello !! What are you doing here ?!!”

“Er... good question !... We heard about that village so we just wanted to come and see. But what are YOU doing here ?”

         Ils nous expliquent qu’ils travaillent pour la chaîne nationale de TV « culture and geography », et qu’ils sont ici pour quelques jours pour faire un reportage sur les coutumes de ce village et sur leur église. Leurs collègues sont déjà venus pour filmer en 1999 et en 2001 et ont déjà recueilli pas mal d’infos. Le tout sera résumé dans leur reportage.


        
Ils nous mènent dans une cahute en bois où habitent Gadana et sa famille, de minorité Lisu et Tibétaine.

         Grâce à Li Jiao et Yin Ji Yao, nous pouvons avoir des discussions plus riches que d’habitude car ils nous traduisent en anglais. Nous sommes accueillies comme des reines car nous sommes catholiques ! et aussi parce que nous sommes étrangères. Apparemment, à part quelques malaisiens venus ici il y a quelques mois, nous sommes les seuls étrangers à être arrivés à ce village cette année. La maison de Gadana se remplit, les villageois nous regardent, on se serre autour du feu.

 

        Je montre le livre de Constantin à Gadana en lui demandant si elle connaît un certain Ame qui habite ici. En voyant la photo du livre, elle s’exclame que oui elle le connaît et quelques minutes plus tard, le voilà qui arrive ! S’ensuit une conversation animée sur l’histoire du père André, de Shi Guanrong, de la famille de Zacharie,… Ame nous emmène à l’église, nous partons tous ensemble (quand nous étions arrivées, elle était fermée à clé) et poursuivons la discussion dans l’église : tout coïncide bien avec ce qui est écrit dans le livre. Gadana, d’abord admirative de nous voir arrivées à deux jusque Bahang, semble aussi très heureuse de voir qu’on connaît un peu l’histoire de la mission de Bahang Lu.


Dans les villages alentours, il y a six autres églises. De Bahang, on peut apercevoir celle de Alouka et celle de Xiang Gong.

 

        Nous rentrons chez Gadana et passons le reste de la journée dans la pièce principale, sombre et enfumée. Dehors il fait gris et il pleut. Nous nous sentons presque déjà chez nous. Toute la famille semble avoir un sacré caractère :

° Ah Gu Din, le frère aîné. Sa femme est décédée peu après la naissance de Joseph, qui a maintenant 4 ans et qui nous fait bien rire !

° Lian, Paul et John, les trois autres frères, et Nana, 17 ans (Liang Xiao Hua).

° Et le meilleur pour la fin : Grandma (Ayi), 80 ans, coiffée du turban fuchsia des femmes tibétaines. A notre arrivée, elle nous demande pourquoi nous nous sommes rencontrés ici. Li Jiao répond que c’est le yuanfeng (la chance). Je crois pour ma part à la Providence, que l’ignorance ou la pudeur appellent le hasard, comme le dit si bien Constantin.

 

         Après avoir goûté  à la shuijiu, la bière des Lisu, à base de ma¨s fermenté, nous testons la baijiu aux crevettes. La shuijiu est la boisson de base des Lisu et ils en boivent à longueur de journée. Gadana nous dit tout naturellement que Nana, sa fille, est partie se coucher parce qu’elle est bourrée. Quant aux autres, la quantité de shuijiu qu’ils boivent ne leur fait aucun effet !


        
Le soir, nous mangeons autour de la petite table carrée à côté du feu, Caro se débrouille de mieux en mieux avec les baguettes ! Et nous goûtons une nouvelle spécalité, non moins écoeurante : le xiaka (?). C’est une sorte d’alcool avec du beurre de yack, avec un morceau de viande au fond du bol. Li Jiao nous avait prévenues que nous en aurions certainement droit !

 

          Après une partie de cartes où Gadana s’en donne à cœur joie et me fait gagner à tous les coups (un genre de trou du c’ version chinoise) nous allons nous coucher. Ils nous demandent si nous avons des sacs de couchage et paraissent gênés de nous dire que leurs draps ne sont pas très propres. Nous leur assurons qu’il n’y a pas de problème. J’espère juste au fond de moi qu’il y aura moins de puces que lors de la dernière nuit chez les tibétaines à Yongjiu.

Par Eve Marie
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