Samedi 2 août 2008
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23:20
A Gongshan, difficile de trouver une fourgonnette qui accepte
d’aller jusqu’à Dimaluo, car selon eux « lu bu hao ! » la route n’est pas bonne. On va vite comprendre !
On traverse un pont suspendu, on longe un précipice sur une route plus que mauvaise. Arrivées sur la place du village de Dimaluo et après avoir relu quelques passages du livre de
Constantin, on marche pendant 2h vers le sommet d’une montagne où
doit se trouver le village.
Sur ce sentier, une rencontre fortuite : deux chinois qui parlent anglais sont là, une énorme caméra à la main, et nous regardent d’un
air ébahi.
“Hello !! What are you doing
here ?!!”
“Er... good question !... We heard about that village so we just
wanted to come and see. But what are YOU doing here ?”
Ils nous expliquent qu’ils travaillent pour la chaîne nationale de TV
« culture and geography », et qu’ils sont ici pour quelques jours pour faire un reportage sur les coutumes de ce village et sur leur église. Leurs collègues sont déjà venus
pour filmer en 1999 et en 2001 et ont déjà recueilli pas mal d’infos. Le tout sera résumé dans leur reportage.
Ils nous mènent dans une cahute en bois où habitent Gadana et sa famille, de minorité Lisu et Tibétaine.
Grâce à Li Jiao et Yin Ji Yao, nous pouvons avoir des discussions plus riches que d’habitude car ils nous traduisent
en anglais. Nous sommes accueillies comme des reines car nous sommes catholiques ! et aussi parce que nous
sommes étrangères. Apparemment, à part quelques malaisiens venus ici il y a quelques mois, nous sommes les seuls étrangers à être arrivés à ce village cette année. La maison de Gadana se remplit,
les villageois nous regardent, on se serre autour du feu.
Je montre le livre de Constantin à Gadana en
lui demandant si elle connaît un certain Ame qui habite ici. En voyant la photo du livre, elle s’exclame que oui elle le connaît et quelques minutes plus tard, le voilà qui arrive ! S’ensuit
une conversation animée sur l’histoire du père André, de Shi Guanrong, de la famille de Zacharie,… Ame nous emmène à l’église, nous partons tous ensemble (quand nous étions arrivées, elle était
fermée à clé) et poursuivons la discussion dans l’église : tout coïncide bien avec ce qui est écrit dans le livre. Gadana, d’abord admirative de nous voir arrivées à deux jusque Bahang,
semble aussi très heureuse de voir qu’on connaît un peu l’histoire de la mission de Bahang Lu.
Dans les villages alentours, il y a six autres églises. De Bahang, on peut apercevoir celle de Alouka et celle de Xiang Gong.
Nous rentrons chez Gadana et passons le reste
de la journée dans la pièce principale, sombre et enfumée. Dehors il fait gris et il pleut. Nous nous sentons presque déjà chez nous. Toute la famille semble avoir un sacré caractère
:
° Ah Gu Din, le frère aîné. Sa femme est décédée peu après la naissance de Joseph, qui a
maintenant 4 ans et qui nous fait bien rire !
° Lian, Paul et John, les trois autres frères, et Nana, 17 ans (Liang Xiao
Hua).
° Et le meilleur pour la fin : Grandma (Ayi), 80 ans, coiffée du turban fuchsia des
femmes tibétaines. A notre arrivée, elle nous demande pourquoi nous nous sommes rencontrés ici. Li Jiao répond que c’est le yuanfeng (la chance). Je crois pour ma part à la Providence,
que l’ignorance ou la pudeur appellent le hasard, comme le dit si bien Constantin.
Après avoir goûté à la shuijiu, la bière des Lisu, à base de ma¨s fermenté, nous testons la baijiu aux crevettes. La shuijiu est la boisson de base des
Lisu et ils en boivent à longueur de journée. Gadana nous dit tout naturellement que Nana, sa fille, est partie se coucher parce qu’elle est bourrée. Quant aux autres, la quantité de
shuijiu qu’ils boivent ne leur fait aucun effet !
Le soir, nous mangeons autour de la petite table carrée à côté du feu, Caro se débrouille de mieux en mieux avec les baguettes ! Et
nous goûtons une nouvelle spécalité, non moins écoeurante : le xiaka (?). C’est une sorte d’alcool avec du beurre de yack, avec un morceau de viande au fond du bol. Li Jiao nous avait
prévenues que nous en aurions certainement droit !
Après une partie de cartes où
Gadana s’en donne à cœur joie et me fait gagner à
tous les coups (un genre de trou du c’
version chinoise) nous allons nous coucher. Ils nous demandent si nous avons des sacs de couchage et paraissent gênés de nous dire que leurs draps ne sont pas très propres. Nous leur assurons
qu’il n’y a pas de problème. J’espère juste au fond de moi qu’il y aura moins de puces que lors de la dernière nuit chez les tibétaines à Yongjiu.